Silvia Lasala

À l’occasion de la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, nous vous faisons découvrir le portrait de Silvia Lasala, enseignante-chercheuse au LRGP (Laboratoire Réactions et Génie des Procédés), une composante du Carnot Icéel. Le LRGP développe des connaissances scientifiques et technologiques nécessaires à la conception, l’étude, la conduite et l’optimisation des procédés complexes de transformation physico-chimiques et biologiques, de la matière et de l’énergie.

LRGP

Comment êtes-vous arrivée dans le milieu de la recherche ?

Principalement, en 3 étapes :

Pianiste, danseuse… À l’age de 13 ans je voulais être une artiste. Mais au moment de choisir mon lycée, mes parents m’ont piégée et je crois que c’est typique finalement :  » Tu t’en sors plutôt bien à l’école, nous te conseillons le lycée scientifique. Tu pourras faire ce que tu voudras après, être artiste aussi « . Je me suis donc convaincue que c’était le bon choix.

Je n’ai eu que des enseignants très passionnés et passionnants : au lycée, nous avons souvent étudié sur des publications scientifiques et cela était très « excitant ». Lors de ma dernière année de lycée, j’ai lu un article sur le réchauffement climatique, avec en photo un ourson polaire accroché au dernier petit bloc de glace. Cela m’a fait pleurer. C’était ma première confrontation au réchauffement climatique et l’une des raisons pour lesquelles j’ai poursuivi mes études en ingénierie énergétique à l’école Polytechnique de Milan. C’est d’ailleurs à ce moment que je me suis aperçue que j’aimerais suivre la carrière de mes professeurs : pour enseigner, approfondir et rechercher, tous les jours. J’ai donc écrit mon premier projet de recherche pour obtenir une bourse et démarrer mon doctorat.

En parallèle, je faisais de la composition musicale au conservatoire Giuseppe Verdi de Milan. Et là mes recherches (musicales) ont commencé.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet REACHER et votre bourse ERC obtenue en 2022 ?

REACHER est un projet de recherche scientifique qui vise à étudier le potentiel d’utilisation de fluides réactifs – plutôt qu’inertes – comme fluides de travail des centrales électriques ou des pompes à chaleur. La mise en œuvre d’une énergie chimique libérée par la réaction dans un cycle thermodynamique a un impact sur la performance de la machine et ce projet vise à le quantifier. De façon pratique, nous développons les fluides réactifs, en caractérisant leurs propriétés, en définissant l’architecture optimale de la machine fonctionnant avec ces fluides, et en validant expérimentalement le concept sur un pilote de micro centrale électrique.

Actuellement, nous avons réalisé un code pour le calcul des propriétés thermodynamiques de ces fluides réactifs. Nous avons trouvé une liste préliminaire de fluides réactifs candidats et nous avons démarré leur caractérisation. La prochaine étape consistera à l’automatisation de la génération et la caractérisation de ces fluides.

Nous avons démarré la construction du pilote qui fonctionnera avec un fluide réactif en 2027. Entre l’année 2023 et 2026, le fonctionnement de ce pilote devra être validé avec des fluides inertes.

Pour vous permettre de suivre le projet, nous avons aussi crée un site internet où vous pouvez suivre toutes les avancées du projet REACHER : www.univ-lorraine.fr/erc-reacher  !

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Le temps dédié à la liberté d’imagination et d’apprentissage, le travail en équipe et le réseau international avec d’autres universités.

Quelle(s) femme(s) inspirante(s) admirez-vous ?

J’ai grandi avec un exemple devant mes yeux : celui de Rita Levi Montalcini. Elle est l’image de la femme dédiée à la recherche, professeure, amoureuse de la Science, aimée et admirée par tous ses collaborateurs.

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